Ce que vos tote bags disent de vous

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Pas besoin d’être un fin sociologue pour comprendre que depuis quelques années, les sacs à main, sacs à dos et autres sacs de courses ont largement été remplacés par de vulgaires sacs en toile généralement beiges répondant au doux nom de tote bag. Si la forme et la couleur varient peu, nous avons l’embarras du choix sur les messages ou motifs imprimés que l’on brandit fièrement sur nos petites épaules tordues. Du coup en regardant mon tiroir de sacs, je me suis demandé : qu’est ce que nos tote bags peuvent bien dire de nous ? 

Cas n°1 : J’ai un tote bag moche que j’ai eu gratuitement lors d’un événement dont je me fous complètement ou offert par une marque pas hyper glamour quand j’ai fait mes courses mardi dernier à 18h54

Alors là attention on commence fort, deux interprétations possibles pour ce cas :

  1. Je suis une personne pragmatique qui utilise les tote bags pour leur usage premier qui – au cas où vous l’auriez oublié – consiste à contenir des choses et non pas à être l’étendard de mon style (pour ça, j’ai un sac en cuir de grande marque qui coûte bien cher par exemple).
  2. Je suis malgré moi plus en avance que tous les hipsters du monde et je pense qu’avoir pour sac à main le sac de la Foire à la Saucisse 2015 récupéré à Super U, c’est super cool. Ce que j’affiche sur mon sac n’a pas d’importance, je suis stylé même quand je porte un bob Cochonou.

Cas n°2 : J’ai un tote bag d’une marque que j’achète, que j’aime beaucoup, que je porte et qu’il est socialement acceptable d’afficher en public

Dans les années 2000, il était hyper important d’afficher sur ses vêtements la marque dont ils étaient issus au risque de ne pas du tout être dans le coup. Par exemple, le monde du sweatshirt était divisé en deux catégories : la team sportswear avec du Nike, Adidas et Rebook, et la team glisse avec du Quicksilver ou du Rip Curl. Quinze ans plus tard (donc maintenant si vous suivez un peu), s’il fallait avoir un sweat, il était gris chiné. Uni. Basique. Heureusement, pour retrouver la joie de disposer à nouveau d’hommes et de femmes sandwich tout en vendant du sweat uni à gogo, les marques ont eu la bonne idée d’afficher fièrement leurs couleurs (et leurs logos) sur des sacs en toile éco-friendly et réutilisables. Grâce à cette idée brillante, on peut tous s’habiller pareil, mais au moins il suffit de jeter un coup d’oeil dans l’angle mort pour savoir quel type de magasin fréquentent les gens que l’on croise. Le premier qui me vient à l’esprit est le tote bag Sézane et toutes ses déclinaisons saisonnières, porté fièrement comme signe de reconnaissance des membres d’un club de privilégiées ayant 1) réussi à se procurer la pièce de leurs rêves en édition limitée 2) un sacré budget shopping.

Cas n°3 : J’ai un tote bag d’entreprise

Pour les gens cool, même les trucs relou (genre, le travail) doivent se faire dans le style et la bonne humeur. En plus d’afficher publiquement le nom de leur entreprise sur Linkedin et dans leur bio Twitter, les gens cool aiment arborer fièrement un tote bag de leur entreprise. Le corpo-trendy évolue généralement dans des entreprises de type web, start-up ou agence de publicité. J’aime ma boite is the new bag (putain, ça veut rien dire Charlotte). Attention cependant aux usurpateurs dans mon genre qui récupèrent des goodies à des événements sans bosser pour l’entreprise en question (non, je ne travaille pas chez Google).

Cas n°4 : J’ai ACHETÉ un tote bag

La passion des tote bags va parfois beaucoup plus loin, et certaines personnes passent le cap de l’achat, stade ultime du collectionneur de sacs. Généralement à vocation humoristique ou artistique, le tote bag payant a envahi les eshops ces dernières années. J’ai moi même été victime du tote bag payant (on ne peut pas toujours être parfaite) mais pour ma défense, il était vraiment super drôle. Et moi j’aime l’humour vous savez. Donc je me pose une question : à quel point est-ce ridicule de balancer de l’argent dans quelque chose qu’on peut avoir gratuitement ? Vous pouvez me juger.

Voilà, c’était pas forcément très intéressant comme article. On le sent un peu sur la fin quand j’ai plus rien à dire sur ces sacs en toile dégueulasses que je collectionne comme un gros mouton. Mais bon, que voulez-vous, il faut bien ça pour essayer de devenir blogueuse influente internationale un de ces jours. Allez, à bientôt et rendez-vous dans quelques années pour mon prochain article de fashion-socio : Qu’est-ce que vos Stan Smith disent de vous ? (Spoiler : pas grand chose.)

 Photo : Paulina Jadeszko – Joan Miró Foundation, Barcelona, Spain