Newsletter n°10 : On est tous le moche de quelqu’un

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Salut,

Ça fait un moment dis donc. J’essaie de créer le manque pour voir ta réaction mais visiblement tu t’en fous.

Pour tout te dire, j’étais super occupée à ne rien faire de très intéressant (loin de moi l’idée que mon quotidien soit absolument sensationnel, mais ces derniers temps le climax de ma vie sociale a été atteint lors d’une transaction de sac à main vintage via Le Bon Coin : une affaire en or et une conversation de plus de 2 minutes avec une dame qui était contente de voir qu’une âme esseulée errait encore à Paris au mois d’août).

Pour faire de la place à cette sublime trouvaille rétro au prix dérisoire de 23€ et occuper mes soirées, j’ai donc décidé de faire du tri, chose incroyable dans la vie d’une personne qui garde tout et n’importe quoi.

Après 8 sacs-poubelles de bordel comprenant aussi bien un chapeau de fée rose qu’un formulaire d’inscription RATP pour le pass Imagin’R de 2009, je suis retombée sur des photos de moi enfant. S’il y a bien une chose qui n’a pas changé en 25 ans c’est ma photogénie inexistante. Déjà à 4 ans, chaque moment immortalisé laissait transparaître une certaine forme de souffrance physique et morale face à l’objectif. L’avantage, c’est qu’à cet âge tu t’en fous. C’est un peu plus compliqué quand tu as 29 ans et que tu essaies de choper sur Internet ou d’avoir un profil Linkedin sympa.

Heureusement, depuis peu on a inventé les filtres Snapchat qui rendent bonnasse, le problème étant que pour les utiliser il faut prendre des selfies, et pour une personne devenue photophobique c’est mission impossible. Pour m’occuper un soir, j’ai quand même essayé de faire des selfies pour maîtriser un peu mon visage au moment où la photo est prise, mais à chaque fois ça ressemble au mugshot d’une condamnation pour double meurtre avec préméditation au fin fond du Nebraska.

Quand je vois Juliette et ses photos de profil à 200 likes, ça me rend ouf. Je sais pas si tu as vu la dernière en date mais elle arrive à être photogénique même quand elle fait une tête horrible. C’est comme si elle était suivie en permanence par un super photographe, sauf qu’il ne saurait capturer que sa beauté et pas trop trop la tienne quand tu es juste à côté, les yeux entrouverts avec ta pinte et ta clope en train de brailler un truc à ton voisin de gauche parce qu’il y a trop de bruit et que tu parles un peu fort quand tu es pompette.

Pour me rassurer, j’ai tendance à penser que les personnes peu photogéniques sont en fait tellement magnifiques dans la vraie vie que leur beauté est insaisissable. TOUT SIMPLEMENT.

Allez, à bientôt et n’oublie pas de m’envoyer ton adresse si tu veux que je t’envoie une carte postale de mes vacances !

Bise,
Charlotte

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