Newsletter n°11 : Zone d’inconfort

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Hello,

Tu vas bien ? Je me fais toujours autant chier que la semaine dernière mais sinon ça va, il s’est quand même passé quelques trucs drôles ce week-end. 

Anna et Juliette sont revenues de vacances et j’ai pu organiser un petit apéro bière/chips à la maison vendredi. Trop occupées à zoner en short sur mon canapé en écoutant de la musique, elles ont raté le dernier métro. Anna s’est donc motivée pour une petite promenade nocturne tandis que Juliette, pas pauvre mais pas riche non plus, a opté pour un Uber Pool (que l’on pourrait également appeler « covoiturage » mais c’est une autre histoire). Alors que j’attendais le traditionnel message « Je suis bien rentrée bonne nuit », Juliette nous a annoncé : « Bon les meufs, les gens de mon Uber Pool m’invitent à leur soirée… »

Réaction d’une personne lambda (moi) :  « WTF ?!!!!??? »
Réaction d’Anna : « Je suis bien rentrée bonne nuit »
Réaction de Juliette : « Bon ben j’y vais ! »

Apparemment, le fait d’avoir partagé la banquette arrière d’une voiture pendant 2 minutes 30 a créé des liens très forts entre Juliette et ses nouveaux copains. Ils lui ont donc proposé de les suivre dans le bar d’un pote, puis dans l’appart dudit pote, puis dans un café pour le petit déjeuner. J’ai finalement reçu son texto « bieb rentréz » à 9h32 du matin.

Au moins, je savais qu’elle était bourrée mais en vie. Au petit matin, vers midi, je les ai évidemment convoquées pour une réunion au sommet au café du coin afin de débriefer de cette soirée de YOLO total. 

17 heures, 3 cafés plus tard, Juliette nous a rejoint moyennement fraîche et réveillée. Quand on lui a demandé POURQUOI BON SANG DE BONSOIR elle avait accepté de passer la soirée avec des inconnus, elle a d’abord commandé un thé vert et nous a expliqué de manière très sage et détachée que « Parfois, il fallait savoir sortir de sa zone de confort ». BAM.

J’ai tendance à penser que si un jour ça m’arrive, il y a de très grandes chances pour que je tombe sur le serial-killer du coin. Et franchement en bonne égocentrique que je suis, je sens que le monde a encore besoin de moi. 

Dalaï Juliette ayant terminé son breuvage aux herbes, j’ai donc proposé de sortir de notre zone de confort en remplaçant la soirée bière/chips/glande par une soirée jus de tomate/pizza surgelée/film : un programme idéal pour un samedi difficile. 

En bonne maîtresse de maison, j’ai envoyé les filles s’échouer sur mon canapé pendant que je chassais de quoi survivre chez Monop’. Je suis rentrée les bras chargés de victuailles et de quelques bières parce que bon, le jus de tomate ça va bien 5 minutes. Alors que j’appuyais sur le bouton de ma propre sonnette, je les entendais déjà piailler en venant m’ouvrir la porte. Joie et bonheur, elles avaient retrouvé leur forme initiale et m’annoncèrent fièrement :
« Ce soir Charlotte, on sort…
– Cool ! Chui cho !
– … de notre zone de confort ! On a croisé ton voisin dans les escaliers il fête son anniversaire il nous a dit que ça allait être un peu bruyant alors on l’a gentiment forcé à nous inviter hahahaha LOL !
– Hahahahaha trop LOL ouais PUTAIN on se marre c’est pas vous qui vivez là bordel. »
– Sois pas relou
– Bon d’accord. »

Je te raconte le reste demain, j’ai des appartements à visiter ce soir.    

Bisous,
Charlotte

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