Newsletter n°14 : Mystère et suspens

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Salut,

Comment vas-tu ? Ça fait un long moment que je ne t’ai pas écrit mais ne t’en fais pas j’ai encore une super excuse ! En ce moment je vis une relation très intense avec un petit carnet en cuir noir (j’imagine ta déception, tu devais t’attendre à un truc tellement plus palpitant). Je l’ai trouvé chez moi dans un placard que je n’avais jamais ouvert en 7 ans de vie commune avec mon appartement (oui, je pense qu’envisager ma location sous forme de cohabitation aide à gérer certaines formes d’anxiété et/ou phénomènes paranormaux, mais c’est un autre sujet, j’y reviendrai peut-être plus tard). 
Je suis donc actuellement plongée dans une enquête fascinante sur le ou la propriétaire de ce petit carnet. Au départ je l’ai feuilleté sans trop savoir ce que j’allais y trouver, probablement rien de très intéressant puisque les premières pages ne contiennent que des adresses, des listes, et d’autres infos en vrac.

Puis au fil des pages, j’ai commencé à découvrir des petits dessins bizarres, des schémas, des punchlines, des questionnements et des listes de pour et contre. 

En tous cas, cette personne va mal. Ou allait mal. Sérieusement, je suis à ÇA de faire des schémas avec des fils, des cartes et des photos sur le mur de ma chambre. Tout ça pour trouver quoi ? L’ex locataire ? Ça serait pas plus simple de demander directement son nom à mon propriétaire ? Ou alors imagine, c’est peut-être un carnet trouvé dans la rue par la meilleure amie de l’ex locataire, qui l’a laissé dans un placard et l’a oublié après une soirée trop arrosée. Non je sais, c’est peut-être entièrement faux et il appartient à un auteur de best-seller qui l’a offert en cadeau à l’ancienne locataire, sa plus grande fan et amante. Ou pire, c’est la matérialisation de mon appartement qui écrit ce journal intime quand je suis au travail et qui l’a caché dans un endroit où je ne vais jamais (la cuisine, donc). Est-ce que si je le remets à sa place il va continuer de s’écrire tout seul ? Je suis sûre que c’est déjà arrivé.

Ha oui et sinon, autre phénomène paranormal : ça va mieux entre les filles.

Depuis la soirée, Juliette a enfin réussi à revoir 37 centimes, un homme visiblement très occupé. Et effectivement, elle a découvert que son emploi du temps était bien chargé puisque lorsqu’ils sont allés boire un cocktail à 16€ dans un endroit qu’on pourrait qualifier de « tendance », il lui a très sobrement demandé « Au fait, je sais plus si je t’ai dit la dernière fois, mais j’ai une copine. Mais elle est d’accord hein. Ça te dérange pas ? »

C’est donc ça 2016 ? On t’emmène siroter des breuvages qui te donnent l’impression d’être quelqu’un d’exceptionnel aux yeux de l’autre, et puis on t’annonce qu’en fait non, tu n’auras même pas un petit créneau dans son agenda affectif ? Et ben bravo. (Note pour moi-même : faut-il que je m’interroge lorsque mes dates m’emmènent boire des bières dans des PMU ?)

Bon je te laisse imaginer qu’elle ne lui a évidemment balancé ni son cocktail, ni toute cette tirade en pleine face, mais qu’elle s’est contenté d’un « Ha OK… » tout en finissant son verre. Après tout, c’est lui qui a payé la première tournée, autant en profiter jusqu’au bout et se barrer après. 

Quand elle m’a raconté ça, j’étais vraiment sur le cul. Je l’avais pas vu venir ce con, avec son histoire de copine qui est d’accord. Je l’ai jamais croisée. Ou alors j’ai pas fait attention. 

J’ai l’impression qu’à un moment, les choses étaient plus simples et qu’il n’y avait pas tant d’histoires de définitions chiantes et de statuts. Couple, relation libre, trouple, plan cul, amitié améliorée, amant, date… ça devient hyper complexe non ? Après réflexion, c’est sûrement parce qu’avant, disons… il y a une dizaine d’années, nos seules préoccupations étaient de savoir si oui ou non il y avait contrôle d’anglais mardi matin, et si oui ou non Machin, le beau-gosse de la classe allait sortir avec Machine. 

Au final, c’est un peu cash comme annonce, mais c’est peut-être pas plus mal d’être fixée : toute forme d’implication sentimentale est à bannir avec cette personne. Et puis ça me permet aussi d’avoir une nouvelle #passiondétective : enquêter sur l’identité de sa meuf. Appelle moi Charlotte Holmes. 

Allez bisous, je vais acheter une loupe et des talkies-walkies. 

Charlotte

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