Newsletter n°20 : Delivered, seen

Dans les épisodes précédents
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Salut,

Ça va ?
J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que j’ai trouvé la planque de Rita dans un nouveau placard rempli de choses intéressantes, la mauvaise c’est que j’ai l’impression que mon date n’est plus très emballé par moi. On s’est revu dans un lieu permettant de communiquer normalement, plus connu sous le nom de « bar ». C’était cool, dans mon esprit il était maintenant passé de « mec pas mal » à « mec vraiment très beau embrasse-moi s’il-te-plaît ». Il m’a même fait toute sorte de compliments que j’ai accueilli avec joie et satisfaction, comme une personne mûre et bien dans sa peau.

Et là, d’un coup, je le trouve virtuellement distant. Il répond moins rapidement dans nos conversations, il rebondit pas beaucoup, il voit les messages mais ne répond pas alors que j’ai bien vu qu’il était connecté il y a 12 minutes (!!!). Sérieux, qui fait ça à part un sociopathe ? 

Tu crois que le quotidien nous a tué et il en a déjà marre de moi ? Ou alors c’est un escroc qui date des personnes faibles pour leur soutirer de l’argent, et comme il a vu que j’étais fauchée il laisse tomber. Ou alors c’est un pervers-narcissique comme ils disent dans Cosmo. 

Ce qui est bizarre (et plutôt bon signe je suppose) c’est qu’il m’a envoyé un coeur la dernière fois. Mais c’est peut-être un coeur ironique non ???

Il se fout de ma gueule en fait ?! Putain, j’en peux plus. On n’envoie pas des émojis coeur et bisou-coeur comme ça quoi ! 

J’ai deux solutions : 

  1. La confrontation, mais je me vois assez mal lui demander pourquoi il a pas répondu à mon message, après tout il a peut-être une vie sociale, un travail et des amis
  2. L’ignorance, ce qui lancerait de fait le jeu du « premier qui envoie un message est une grosse victime » (j’aime perdre)

Sinon, comme je te le disais, lassée par la présence de ma souris de compagnie j’ai décidé de retourner mon appartement pour voir d’où elle pouvait venir et j’ai trouvé les portes de l’enfer dans un placard. Après avoir scotché le trou béant qui lui sert de maison, je me suis penchée sur le contenu du carton qui gisait là : un appareil photo, des pellicules, une radio des dents, et une robe de bal à froufrous des années 80. J’imagine que c’est à Alex. Il faudrait que je fasse développer la pellicule qui est dans l’appareil mais j’ai peur que ce soit un peu gênant. Il faut aussi que je regarde si elle mentionne des problèmes de dents dans son petit carnet. En tous cas si elle aussi elle aime les dentistes, ça nous fait un point commun. Et elle sera peut-être OK pour discuter dentition avec moi, ELLE. 

Allez, à bientôt. De mon côté je vais prendre un peu de recul sur la beauté de la vie et attendre patiemment de me faire larguer avec dignité par un inconnu rencontré sur Internet. 

À la prochaine,
Charlotte