Une semaine sans Smartphone

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Digital detox

Un dimanche, au café, après une folle nuit passée à danser le twist dans les années soixante, avec mes copines on s’est posé pas mal de questions sur Internet et les relations sociales, pour finir par refaire le monde à base de « c’était mieux avant » comme des vieilles. Alors ouais, c’est bien joli tout ça, mais est-ce que je survivrais ne serait-ce qu’une semaine sans iPhone ? Bon ben, y avait plus qu’à essayer. 

Les règles étaient les suivantes : c’est une désintox’ mobile, donc pas d’internet sur mon téléphone, mais j’y ai droit chez moi (ordinateur, iPad) et au travail (sinon je devais poser une semaine de vacances). J’ai aussi le droit de passer la journée sur Facebook vu que c’est mon job, mais pas depuis mon téléphone. « Franchement, ça va être simple » me disais-je naïvement…

Plutôt que d’opter pour un portable vintage comme tous les hipsters du quartier, j’ai décidé de rendre mon téléphone-intelligent complètement con et inutile en désactivant les données cellulaires. Une astuce que vous pouvez également utiliser en voyage à l’étranger pour ne pas saigner votre compte bancaire avec un hors-forfait de feu.

Avant de me lancer complètement dans l’aventure, il fallait quand même que je procède à un petit test de messagerie : combien de temps met un iPhone à comprendre qu’on passe de iMessage à SMS ? Apparemment, un peu de temps quand même. Enfin ça, c’est quand il est sympa et qu’il décide de recevoir des SMS. Petit con.

Allez, c’est tipar. Première désillusion dimanche soir : le cinéma. Privée de 4G, je suis dans l’incapacité de prendre ma place sur l’application, de me checkiner sur Swarm pour signifier au monde que je me cultive, et de Googler les acteurs pour voir dans quoi ils ont joué avant parce que je n’ai pas de mémoire. Mais sont-ce vraiment des points bloquants dans l’arrêt du smartphone ? Non.

  1. J’ai ma carte illimitée dans mon porte-feuille
  2. Je suis allée voir Cendrillon, on ne peut pas vraiment flamber culturellement avec ce genre de film
  3. Je savais bien que le prince c’était Robb Stark, pas besoin de le vérifier immédiatement après la fin du film
  4. On s’en fout ?

J’ai ensuite réalisé en rentrant chez moi que j’allais être privée pendant une semaine de toute forme d’application mobile. Ce qui veut dire pas de Snapchat pour vous faire vivre mes soirées de blogueuse influente, pas de stalking Tinder ou Happn, pas de GPS et pas de mails en direct live instantané, ni de Facebook Messenger.

Quel dommage ! Vous n’avez pas pu suivre mes aventures complètement inintéressantes pendant une semaine, ça a du être très difficile. L’avantage, c’est que de mon côté j’ai pas l’impression d’avoir raté grand chose. Arrêter Tinder et Happn ? Ça tombe bien, c’était ma résolution 2015. Le GPS, je pensais que ça allait être assez chiant mais sans vouloir frimer, j’ai un très bon sens de l’orientation #PassionCartes. Et puis les mails, c’est bien pratique au travail pour être connecté en permanence, toussa, mais comme le disent tous les journaux et magazines de notre époque : la frontière vie pro vie perso est de plus en plus floue. Là, au moins, pas de lézard (on n’utilise trop peu cette expression) vous êtes sur de ne pas consulter vos mails en soirée. Le truc moins cool, c’est que j’aime bien lire supprimer mes spams dans le métro le matin.

« Alors, c’était dur où pas ? » me direz-vous ? Un peu chiant quand je checkais frénétiquement l’écran de mon iPhone pour voir si je n’avais pas de notifications. Voici un exemple de journée type :

08h02 : « Haaa bonjour Paris ! Tiens, pas de notification ce matin… Il est tôt. »

09h54 : « Bizarre, toujours pas de notification. J’ai l’impression que personne ne m’écrit aujourd’hui. »

11h37 : « Toujours rien. »

13h11 : « Et si je regardais mon téléphone pour voir si… HA BEN NON. »

15h08 : SMS sans ponctuation de mon père qui s’ennuie.

19h26 : « On est dans un bar on prend l’apéro » « OK, j’arrive. » = Plus gros échange téléphonique de la journée.

21h03 : « Ici le téléphone de Charlotte. Je me fais grave chier dans cette putain de poche de manteau. Faîtes quelque chose. SOS. »

23h48 : « MERDE !!! J’ai perdu mon téléphone !!! Ha non il est dans ma poche. »

00h25 : « Même pas la peine de le mettre en mode avion, je risque pas d’être réveillée cette nuit LOL ! »

Mais sinon, ça passe.

Les points positifs

  • Ma batterie n’a jamais tenu aussi longtemps (3 jours quand même).
  • On capte mal dans le métro, au moins les SMS ça passe toujours.
  • Ça permet de vraiment se reconnecter au monde réel et aux être humains. (Non, je rigole.)

Les points négatifs

  • Qu’est-ce qu’on se fait chier, putain.
  • Surtout quand on reçoit pas les réponses de ses potes.
  • Ça fait rire les oiseaux copains quand on dit qu’on a encore le droit d’aller sur internet. Maxi crédibilité.

Initialement publié sur http://etsionneparlaitpasdefoot.com/