Cinéma, stalking et week-end au bord de la mer

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Je suis allée au cinéma voir Marie et les naufragés dont vous avez peut-être entendu parler récemment si vous lisez Les Inrocks ou des magazines du genre, parce que c’est Sébastien Tellier qui signe la musique.

C’est l’histoire de Marie (évidemment), mais surtout de Siméon (a.k.a. le pipou Pierre Rochefort), un mec assez charmant et amoureux du concept de l’amour. Siméon vit avec Oscar, son meilleur pote musicien et somnambule en face de Chez Madame Gen, un troquet assez sympathique du Xème arrondissement. J’y vais parfois, quand j’en ai marre d’être collée aux gens au Mauri7 (il y a aussi une enseigne en néon rose au dessus du bar, ça permet de garder une certaine cohérence esthétique de la luminosité dans la soirée) (bref, on s’en fout). Un soir, Siméon va boire un demi, tout seul, à La Féline. Il rencontre Wim, un belge barbu avec qui il chante une chanson au karaoké avant de rentrer en titubant (une bonne soirée, en somme). Il tombe alors sur le portefeuille de Marie, et tente de la retrouver pour le lui rendre. En la cherchant dans les pages blanches (il a de la chance que la fille possède une ligne fixe en 2016) il tombe sur Antoine, un mec louche au fort accent Marseillais qui lui laisse entendre que Marie est dangereuse.

Le stalking nous emmène de manière assez spontanée jusqu’à l’île de Groix, en Bretagne (d’où le ciré jaune sur l’affiche, déguisement de prédilection des parisiens pour ne pas se fondre dans le paysage). J’aime bien les films où les personnages sautent dans un train pour aller à la mer, ça me donne envie de faire pareil (d’ailleurs, je vous recommande vivement Quand je ne dors pas).

D’un point de vue de mec amoureux de l’amour, suivre une target potentielle jusqu’en Bretagne est un acte extraordinairement romantique (ce qui ne fonctionne évidemment pas dans la vraie vie; Franchement, imaginez que le mec qui vous rend votre portefeuille ou votre téléphone vous suive jusqu’à l’autre bout de la France ? Flippant.) Mais il est comme ça Siméon, il n’a pas de problèmes de socialisation, et ne se pose pas de questions. Il boit des verres avec des inconnus et il suit des gens. Il est tout innocent, mignon et un peu dans son monde.

L’ambiance musicale du film assurée par Sébastien Tellier forme un partenariat probant avec les images. Quelques notes m’ont rappelé la BO de Submarine (pas spécifiquement les chansons d’Alex Turner chéri).

C’est tellement bien les bandes originales de films. Il faut que je commence à créer une playlist BO de ma vie sur Spotify, pour assouvir ma passion pour les BO et les playlists (et pour prendre de l’avance sur l’adaptation de ma vie au cinéma). En parlant de BO de films, il faut aussi voir Belgica.

(Ça vous donnera envie d’écouter Patrick Coutin, qui avec sont tube J’aime regarder les filles s’intègre parfaitement à ma thématique du stalking)

Passons sur ces quelques recommandations musicales et cinématographiques. À la fin du film, une scène de dancefloor exceptionnelle me laisse croire que la danse du robot à encore de beaux jours devant elle. C’était vraiment chouette. Je suis rentrée tout à fait charmée et transportée, en écoutant Flavien Berger.

Je sais ça n’a rien à voir, mais j’ai trouvé que c’était un peu marin et de circonstance (c’était surtout dans ma musique disponible hors-ligne sur mon iPod).

C’est fou, on dirait qu’il y a une prédisposition à composer de la musique un peu conceptuelle lorsqu’on a un prénom qui se termine par –ien et un nom qui finit en –er. Avis à tous les Emilien Berthier et Bastien Verdier, vous avez peut-être un avenir brillant dans la musique. 

Ce soir là, Paris avait un air de décor de cinéma et j’avançais un peu au hasard tout en sachant exactement que je prenais le chemin de la maison. J’aime bien avoir cette sensation quand je sors du cinéma, ça veut dire que j’ai passé un bon moment. Sauf qu’en fait, j’avais juste gardé mes lunettes sur le nez. La vie est floue quand je marche dans la rue avec mes lunettes (mais si on réfléchit bien, pas qu’avec mes lunettes).